La forêt essonnienne

 
 

Des forêts périurbaines à préserver

Les forêts de l’Essonne évoluent dans un contexte spécifique résultant de leur situation périurbaine.
Ces forêts couvrent une superficie de près de 42 000 ha. Le taux de boisement du département (23 %) est proche de la moyenne nationale (26 %). Toutefois, rapportée à la population départementale, la surface forestière représente près de sept fois moins que la moyenne nationale (2 600 m2/habitant).

Comme l’ensemble des départements franciliens, l’Essonne connaît une augmentation de sa surface boisée selon l’Institut forestier national (IFN) : + 5 % entre 1978 et 1994. Cependant, ces forêts restent soumises à une forte pression foncière. Bien que ce taux d’occupation tende à progresser, en raison d’une déprise agricole en bordure des plateaux et en fond de vallées, ces chiffres cachent, à l’image de la situation régionale, une grande disparité dans la localisation des espaces boisés.
L’Essonne se caractérise par une surface limitée d’espaces boisés publics : en dehors des forêts de Sénart et de Verrières, au nord, il n’y a pas de grand massif forestier.
Par ailleurs, les forêts essonniennes assurent de multiples fonctions, notamment :

  • économique (alimentation de la filière bois par des produits de qualité, tels que le châtaignier),
  • écologique (protection des milieux naturels, conservation d’un patrimoine biologique de qualité) ,
  • et surtout sociale, l’accueil du public en forêt constituant une priorité en forêt publique.

La politique forestière mise en œuvre dépend pour l’essentiel des particularités de la situation locale. Dans ce contexte périurbain marqué, les priorités sont notamment la préservation des espaces forestiers et la gestion durable des forêts et des espaces naturels (l’accueil du public en forêt concernant plus directement l’Office national des forêts, gestionnaire des forêts publiques relevant du Régime Forestier).

Des forêts diversifiées

Les forêts du département se composent quasiment à part égale de futaie et de taillis sous futaie constitués en majorité de feuillus (89 %), représentés principalement par le chêne (38 %) et le châtaignier (21 %).
La répartition spatiale des forêts de l’Essonne se caractérise par trois grandes zones :

  • une zone nord, fortement urbanisée, englobant des forêts périurbaines. Celles-ci sont {{majoritairement publiques}}, dont les forêts domaniales de Verrières (567 ha) et de Sénart (3038 ha).
  • une zone centrale, entre les massifs de Fontainebleau et de Rambouillet, selon un axe nord-ouest/sud-est, appartenant à la {{"ceinture verte"}} de Paris ;
  • une zone sud, faiblement boisée, où domine l’activité agricole, constituée de forêts en grande majorité privées, réparties presque exclusivement sur les coteaux et les flancs des vallées impropres à l’agriculture.

La forêt publique

Elle s’étend sur plus de 9 500 ha (dont 75 % de forêts domaniales). 93 % relèvent du Régime forestier représentant 21 % des surfaces boisées du département, soit environ 8 800 ha. Cette surface bénéficie par conséquent d’une protection forte, dans la mesure où toute nouvelle affectation du sol doit être précédée d’une distraction du régime forestier prononcée par le Ministre de l’Agriculture. La gestion de ces forêts est assurée principalement par l’Office national des forêts (ONF).

Les forêts privées

Elle est largement majoritaire dans le département avec 33 500 ha, soit 80 % des espaces boisés (contre 71 % en région francilienne). 55 % de cette surface appartiennent à des unités foncières de moins de 4 ha, traduisant un morcellement de la propriété foncière qui rend difficile le développement d’une gestion sylvicole performante. Seulement 100 propriétés de plus de 25 ha sont actuellement soumises à l’agrément d’un plan simple de gestion (53 bénéficiant d’un plan simple de gestion agréé en vigueur pour une surface de 5 800 ha). La filière bois est peu développée et la forêt sous-exploitée, du fait notamment d’un manque de motivation des propriétaires, du morcellement de la propriété foncière et des nombreuses protections réglementaires en place.

La protection de la forêt de Sénart

Le massif forestier de Sénart, territoire de surface modeste de 3 500 ha, constitue un espace de nature important pour l'Essonne urbaine et le sud-est de la région Ile de France.
Son contact direct avec "la ville" et sa fréquentation importante entraînent des fortes demandes sociales et environnementales parfois contradictoires.
Aussi, fait-il l'objet de deux démarches complémentaires :

  • le classement en forêt de protection au titre du Code Forestier,
  • l'élaboration d'une charte forestière.

Par décret en conseil d'Etat du 15 décembre 1995, la forêt de Sénart a été classée "forêt de protection" pour cause d'utilité publique pour des raisons de maintien des équilibres biotiques et de qualité écologique. Il en résulte que tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation ou la protection des boisements sont interdits.
Au delà de ce classement, il est apparu nécessaire d'engager une réflexion pour l'élaboration d'une charte entre les différents acteurs : propriétaires, conseil général, mairies, opérateurs économiques, associations d'usagers, établissements publiques...
La charte du territoire forestier de Sénart est appelée à devenir un outil de développement durable et d'aménagement global du massif s'appuyant sur la concertation, dans un contexte de forêt périurbaine.